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Chakib

Bonjour Anne Bert,
Pourquoi mettre le langage au-dessus, ailleurs, à côté des sens – et de l’expérience, du reste ? N’y est-il pas pleinement, de même que dans un tableau et une musique qui parlent, au sens fort du terme, et jusque dans le silence qui n’est que son creux ? L’opposition avec l’image, que nous n’avons pas eu le temps de développer, ne valait que dans l’acception pauvre du terme d’image, un décalque si vous préférez et pour le dire rapidement.
À vous cordialement !

anne bert

bonjour, je viens d’écouter votre émission dédiée à l’érotisme, pas mal de choses intéressantes ont été évoquées mais j’avoue que j’ai souvent pensé ouhlala, par exemple quand Chakib certifie que seul le régime du langage peut parvenir à susciter une émotion érotique, au contraire de l’image par exemple qui verserait vite selon lui dans la pornographie qu’il définit (c’est pas mal vu cet essai de définition qui se rapproche de celle de Frédéric Tachou) comme relevant de la monstration, de la transparence,de l’exténuation du désir, or je ne suis pas d’accord du tout avec cette restriction du langage, au contraire les cinq sens participent pleinement au désir et à l’émotion érotiques, je me demande si parfois au lieu de théoriser sur l’érotisme il ne faudrait pas auparavant l’expérimenter. Ne vous-est-il jamais arrivé de regarder un tableau dans un musée, écouter une musique, de sentir une odeur et de devenir tout chamalow ou … tendu, renversé ? Ou de devenir fou à force de silence érotique ? Bref….Enfin, en ce qui concerne cette histoire de code érotique, je ne sais pas, je crois qu’il faut aussi s’affranchir de ce que l’on connaît de la littérature érotique classique, des essais, des réflexions pour envisager l’érotisme de façon beaucoup plus ouverte, c’est un univers impalpable, sans frontière, indéfinissable d’autant plus que l’érotisme au moyen âge, au 17, 18 , 19 ème siècles n’était pas envisagé ni ressenti de la même façon (en littérature), les codes ont justement usé l’érotisme jusqu’à la corde, la marchandisation outrancière de l’érotisme est tellement normative et sociale que l’érotisme et son cortège d’artifices ne sont plus capables de jouer ni de fouetter l’imaginaire, de transgresser, encore moins de cheminer jusqu’aux frontières de la mort, de l’inhumain, de l’interdit.
Bonne continuation, vos Trensmissions sont intéressantes !

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