Nos trois premiers ‘Triptyques’ de l’année porteront sur le couple de notions « réalisme/irréalisme ».

Qu’est-ce qu’un monde réel ? A-t-on des critères certains pour juger de l’irréalité d’une situation, d’une interprétation, d’une expérience? Que penser de la formule rebattue « soyez réalistes, demandez l’impossible » ? Et si les univers virtuels étaient dans le vrai ?
Pour notre deuxième émission de la saison, nous accueillons Paul Clavier, maître de conférence à l’Ecole Normale Supérieure pour une émission consacrée à la philosophie immatérialiste de George Berkeley.
Pour entrer plus avant dans la pensée de Berkeley, vous pouvez relire les textes du Traité sur les principes de la connaissance humaine (1710), ou faire l’expérience du pain au chocolat sensationnel.
Aux micros imaginaires ce matin l’idéale Pauline Maure pour la lecture, Paul Clavier le mentaliste, Alexis Jouan et sa technique irréellement divine, et vos fidèles serviteurs Aurélia Peyrical et Jim Gabaret

Bonne écoute !

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Aurélia Peyrical

Si la métaphysique des particules sans masse vous intéresse, vous pouvez également écouter Heinz Wismann qui en parle dans une séance du séminaire « le pluralisme » organisé à l’ENS par Jim Gabaret.
>> séminairepluralisme.wordpress.com

Aurélia Peyrical

Cher M. Lagarde,
Voici la réponse à votre question de la part de Paul Clavier.
Merci de l’intérêt que vous portez à notre humble émission !
Aurélia Peyrical

« Exactement ! Berkeley glisse subrepticement de la distinction entre exister et être perçu à la
conception d’existence non perçue.
le glissement marche dans l’autre sens : si je conçois une existence non perçue,
alors fortiori je distingue le fait d’exister du fait d’être perçu, mais la converse
n’est pas vraie !
salutations à votre auditeur attentif et joyeux Noël »

Thierry Lagarde

Bonjour,

J’ai écouté avec beaucoup d’attention votre émission du 12/13/2013 « Berkeley, un immatérialiste heureux ».
M. Paul Clavier trace un parallèle (10:00-10:52) dont je souhaiterais, s’il vous était possible, obtenir confirmation.

Le parallèle semble le suivant :

G. Berkeley : Existence non perçue Le fait d’être perçu
P. Clavier : Particule sans masse Le fait d’avoir une masse

P. Clavier :
Thèse (vraie) : si je conçois des particules sans masse alors je distingue [être une particule] et [fait d’avoir une masse].
Réciproque (fausse) : si je distingue [être une particule] et [le fait d’avoir une masse], alors je conçois une particule sans masse. Il semble qu’il faille comprendre ici que cette proposition est fausse dans la mesure où, sur le seul fondement de cette distinction, je peux tout aussi bien concevoir une particule avec masse.

G. Berkeley :
Thèse (vraie) : si je conçois une existence non perçue, alors je distingue [être] et [le fait d’être perçu].
Réciproque (fausse) : si je distingue [être] et [le fait d’être perçu], alors je conçois une existence non perçue. Il faut donc concevoir que cette proposition est fausse dans la mesure où, sur le seul fondement de cette distinction, je peux tout aussi bien concevoir une existence avec perception (une existence perçue).

Est-ce bien ce qu’il faut comprendre de l’objection de M. Clavier à Berkeley ?

Les enjeux de ces questions me sont plus que chers et une simple confirmation ou infirmation me serait précieuse dans l’avancement de mes travaux. Je suis professeur de philosophie et me penche sur ces difficultés depuis plus de quarante ans. Rassurez-vous, je ne suis pas encore tombé.

Mes amitiés à l’équipe,

Thierry Lagarde

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